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Les impacts du gel dans le réseau : premiers retours & perspectives digitales

Suite aux chaleurs printanières du mois de mars, une vague de gel a touché une grande partie du territoire français les semaines dernières. Nous faisons aujourd’hui le point sur son impact pour les agriculteurs et coopératives du réseau.

Vos retours sur l’article

Découvrez les sujets sur l’impact du gel qui vous ont le plus intéressés !
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Des dégâts importants qui restent à quantifier dans les Alpes du Sud

photo article gel
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L’épisode de gel a affecté les arboriculteurs de la coopérative Duransia. Si les dégâts sont déjà directement visibles dans les exploitations, leur quantification et l’impact sur les rendements se préciseront mieux dans les semaines à venir.

Sur pommier, les situations sont contrastées en fonction des parcelles et les dégâts dépendent fortement de la précocité des variétés implantées. Les variétés précoces, plus avancées dans leur développement, ont ainsi été particulièrement touchées.

Axel Rabourdin, responsable développement de la coopérative et également en charge du service d’analyse de floraison sur pommier CClair déclare : Nous sommes en train de refaire les cartographies de floraison pour mesurer les effets du gel sur les bourgeons floraux. A l’heure actuelle il est difficile de quantifier les dégâts. Certaines parcelles avaient déjà des floraisons bien avancées mais certains bourgeons n’étaient aussi pas encore sortis.”

Le service CClair permet de moduler l’éclaircissage des pommiers suite à la cartographie de la floraison. Ces observations permettront donc de piloter au plus juste les interventions à venir. Nous vous partagerons dans le réseau les informations remontées par cette technologie.

En Bourgogne, agriculteurs et apiculteurs confrontés ensemble au même problème

La coopérative 110 Bourgogne a particulièrement été touchée par le refroidissement des températures. Les dégâts s’en feront ressentir en viticulture, en grandes cultures mais aussi en apiculture.

Jonathan Marques, apiculteur du réseau Apitech by Fermes LEADER témoigne : En général, nous effectuons trois récoltes de miel dans la saison : au printemps, lors des floraisons d’acacia, et en été. Avec le gel, la miellée de printemps n’aura pas lieu et on ne sait pas comment réagiront les acacias. On espère que d’autres espèces comme l’aubépine pourront prendre le relai mais dans tous les cas le rythme de la saison est cassé pour cette année.

ruche apitech - article gel

La ressource alimentaire est l’un des principaux facteurs limitant le développement des colonies d’abeilles. Des floraisons moindres entrainent donc un développement de la colonie plus réduit et des quantités de miel produites plus faibles. Ce gel précoce pourrait donc avoir des répercussions économiques importantes sur la campagne, mais aussi sur l’activité de la biodiversité.

Bien sûr, nous suivrons cela de près avec le réseau des ruches connectées. Nous pourrons comparer l’activité des abeilles par rapport à l’année dernière qui avait été marquée par un printemps précoce et exubérant.

Gel et assurance récolte : le dilemme du bénéfice – risque

Avec cette période de gel assez inédite se repose forcement la question de l’intérêt d’une assurance récolte et de son rapport bénéfice-risque. On connaît mal le déploiement des solutions assurantielles spécialisées en gel. Mais on a pu mesurer ces dernières années, une accélération sur l’adhésion à des assurances multirisques climatiques incluant la garantie gel pour certaines productions.

En effet, depuis 5 ans si la contractualisation reste stable pour les céréaliers (30% d’entre eux ont souscris une assurance de ce type, et ce chiffre est stable depuis), chez les viticulteurs, le nombre d’assurés est passé de 16% à 32%. Une des explications les plus simples de ce développement est bien sur l’augmentation de la fréquence des conditions météorologiques exceptionnelles ou atypiques. Et cette année ne va forcément pas démentir cette hypothèse. Ce rapport bénéfice-risque pourrait donc bien évoluer dans les mois et années à venir. Toute la difficulté est de décider de se positionner sur ces offres bien avant d’avoir l’information sur les conditions de l’année.

Trois facteurs semblent aujourd’hui expliquer les réticences des viticulteurs à adhérer : le montant de la franchise, le temps administratif des démarches et le coût de la prime d’assurance. Pour lever ces freins, les acteurs travaillent aujourd’hui à mettre en place des assurances dites paramétriques : des assurances qui s’appuient sur des données météos remontées du terrain et permettant de calculer grâce à des algorithmes, les risques, mais aussi les dégâts sur culture. Une approche digitale qui permettrait d’alléger la démarche de contractualisation et de suivi, et de baisser les coûts de franchise et d’adhésion dans la mesure où elle s’avère fiable et donc digne de confiance pour les producteurs.

Si ce sujet vous intéresse, on vous en reparlera plus tard dans le printemps !

L’impact du gel sur les vignes dans le Gaillacois : jusqu’à 100% de pertes dans le Tarn

Les deux dernières semaines, le gel a sévi plusieurs jours de suite sur tout le territoire français.

C’est notamment le cas dans le gaillacois comme témoigne Cyrille Barre, chef de culture de la SCEA Soulières de la coopérative Cave de Labastide, “la coopérative de Labastide a d’ores et déjà estimé une perte de volume final de l’ordre de 25%“. Le secteur de Cunac, a été particulièrement touché, Sébastien Feral et d’autres viticulteurs déplorent des pertes quasi totales sur leurs parcelles.

La méthode d’allumage de bougies sur les parcelles n’a pu être pratiquée dans le Gaillacois. En effet il s’agit d’une technique très couteuse qui va pouvoir être amortie seulement sur des vignobles à forte valeur ajoutée. Néanmoins certains viticulteurs ont essayé de lutter contre le gel en brulant des bottes de paille en bordure de leurs parcelles. Cette technique permet de remonter la température d’à peine un demi-degré. Mais elle peut permettre de sauver la parcelle si le gel est peu intense, notamment sur les parcelles hautes dont la température baisse moins.

vignoble gaillac labastide
Une des parcelles de la SCEA Soulières de la Cave Labastide après le gel de la semaine dernière

Qu’en disent les sondes Sinafis ? Premier regard sur les sondes du réseau.

Avec 40 sondes positionnées chez 17 agriculteurs du réseau, viticulteurs, céréaliers ou arboriculteurs, nous avons pu jeter un premier coup d’œil à leurs enregistrements. Parmi ces 40 sondes, sur la période du 5 au 16 Avril où le gel a sévi, 31 sondes ont affiché des températures négatives entre minuit et 9h du matin. La répartition régionale est, bien sûr, assez différente mais toutes sont concernées. En guise de première synthèse, voici les résultats de leurs moyennes sur la période qui semble la plus critique de minuit à 9h du matin. Dans les prochains jours et semaines, nous rentrerons plus dans le détail de leurs résultats individuels, en tâchant de faire le lien avec les capacités de récupération du végétal et/ou l’état des dégâts, pour les différents types de production, dans le cadre du projet sol-plante.

Julien BADURAUX, agriculteur dans la Meurthe-et-Moselle nous partage son retour le mercredi 14 avril : “-3,3°C au nord du 54, mais la température la plus basse ne dure pas longtemps, environ 1h. Rien à faire en grandes cultures sinon attendre de voir s’il y a des dégâts.”

Il nous reste des sondes disponibles à positionner sur vos exploitations. Elles mesurent la température et l’humidité de l’air, du sol et des feuilles. Si vous êtes intéressé.e.s, contactez votre coopérative ou directement contact@fermesleader.com. 

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