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Agriculture régénératrice, la nouvelle promesse d’une agriculture durable et vertueuse ?

En octobre dernier, InVivo Quest abordait avec ses partenaires de la session Central Europe, le délicat sujet de l’agriculture régénératrice. Un concept à la mode auprès d’entreprises agro-industrielles aussi importantes que Danone ou Syngenta, pour promouvoir auprès du grand public, un autre type de production, vertueuse pour les agriculteurs, pour les consommateurs, et pour l’environnement.

Mais qu’est-ce que l’agriculture régénératrice ? Quels en sont les préceptes, les promesses ? Pourquoi de telles entreprises, dont les stratégies ou les objets peuvent paraître contradictoires avec ces notions s’intéressent-elles de si près à cette approche ?

Au fil de notre actualité, nous vous proposons de découvrir progressivement tous les aspects, techniques et économiques de cette nouvelle approche.

Mais commençons par décrire ce qu’est l’agriculture régénératrice. 

Lors de sa table ronde, InVivo Quest a donné la parole à Daniel Baertschi, président d’Agricultura Régénération, en Suisse. Pour lui, l’agriculture régénératrice peut se décrire de la façon suivante :

“L’agriculture régénératrice” décrit l’ensemble des méthodes d’agriculture et de paissance qui, entre autres bienfaits, aide à inverser les changements climatiques en reconstituant la matière organique et en restaurant la biodiversité d’un sol dégradé. Cela résulte dans la capture du carbone dans le sol et dans l’amélioration du cycle de l’eau.

L’agriculture régénératrice est une façon de raisonner.

Il n’existe pas de charte ou de référentiel pour l’appliquer. L’agriculture régénératrice n’est donc pas une innovation technique ou technologique mais consiste plutôt en la « re » découverte de méthodes et pratiques anciennes qui, en absence de solutions chimiques efficaces, permettaient aux agriculteurs de lutter contre les accidents de culture et d’optimiser leurs productions.

Le principe est de mettre le sol au centre des réflexions, comme une priorité pour identifier les actions à mener. Le taux d’humus du sol devient ainsi un indicateur clé qu’il s’agit de suivre de façon à ce qu’il puisse s’enrichir progressivement et régulièrement.

Plus réfléchie que l’agriculture biologique.

Saviez-vous par exemple que dès la fin des années 80, les pionniers de ces démarches considéraient l’agriculture régénératrice, comme plus importante et bénéfique que l’agriculture biologique ?

L’argument est le suivant : l’agriculture biologique est basée sur une liste d’interdiction (exclusion du recours aux produits chimiques de synthèse en particulier) pour laquelle il faut identifier des solutions de recours, alors que l’agriculture régénératrice pose le postulat qu’entretenir, préserver et enrichir son sol permet de limiter les recours à ces mêmes molécules de synthèse.

Pourquoi de grandes entreprises agricoles ou agro-alimentaires s’intéressent-elles à cette approche ?

D’après ses promoteurs, l’agriculture régénératrice propose deux arguments de taille susceptibles d’intéresser des industriels de grande envergure.

  1. Le premier est que l’agriculture régénératrice, en mettant l’entretien des sols au cœur du raisonnement, parait être un outil de lutte contre le réchauffement climatique. Promouvoir ce type d’agriculture peut donc constituer un engagement dans leur politique RSE ou constituer un bénéfice pour les consommateurs.
  2. Le deuxième est que travailler sur la gestion à long terme du sol est une approche résiliante qui devrait favoriser la robustesse et la pérennité des exploitations qui l’utilisent. Une perennité possible y compris d’un point de vue économique, puisque ces dernières devriendront ainsi nettement moins sensibles aux aléas de l’année (sècheresse, attaque parasitaire, canicule…).

Dans un cas comme dans l’autre, la volonté d’engagement de certaines marques pour une agriculture plus durable et responsable trouverait, dans cette approche, des arguments concrets.

Intéressant d’un point de vue technique, elle mérite cependant d’être aborder collectivement pour en mesurer les impacts, les domaines d’application et les limites.

Et le numérique dans tout ça ?

Parce que cette démarche constitue une réelle évolution dans les pratiques, avec des impacts importants, le digital devrait pouvoir nous aider à  y voir plus clair avec deux objectifs :

  • Identifier des technologies en capacité de monitorer les impacts dans le sol et sur la culture de ces changements de pratiques.
  • Profiter des capacités d’échange apporté par le digital pour partager les expériences, et co-construire les pistes d’évolution voir d’adaptation… et promouvoir nous aussi les actions prometteuses susceptibles de répondre à nos enjeux.

Un sujet vaste, et pour le traiter, nous vous proposons de vous donner rendez-vous dans un prochain article sur : comment le numérique pourrait nous aider à identifier les opportunités et les limites d’une pratiques prometteuses mais impactante.

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